Le buraliste, «couteau suisse du commerce de proximité»

  • 26/06/2018


Le patron des buralistes français sera aujourd'hui en Lot-et-Garonne, pour expliquer quelles sont les mutations à venir d'un métier en crise.


Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes de France, sera à Agen ce mardi 26 juin. Il s'agit d'une étape dans un tour de France visant à informer sur la «transformation des buralistes».

Des Journées de la transformation du métier de buralistes sont en effet organisées partout en France et comprennent des réunions collaboratives, des rencontres avec des décideurs locaux et des visites de terrain chez les professionnels. Ce tour de France a pour objectif de présenter les mesures pour accompagner la transformation du métier de buraliste vers un nouveau commerce de proximité moins dépendant du tabac, moderne et répondant aux besoins locaux.

Outre des rencontres avec des élus, M. Coy visitera plusieurs commerces (le bar-tabac Maryland de Foulayronnes, le Churchill's à Lafox) et une réunion de buralistes se tiendra à 20 heures au château d'Allot de Boé.


Quel est l'objectif de cette visite en Agenais ?

«Il s'agit de présenter l'accord-cadre qui engage les buralistes avec les partenaires du jeu et du tabac, et le calendrier fiscal qui mène à un paquet de cigarettes à 10 € en 2020. Il y a eu une nouvelle augmentation du prix en mars dernier, et ce calendrier fixe des hausses par paliers. Nous avons bataillé contre ces hausses qui mettent les buralistes en danger. Mais maintenant, nous devons faire avec… Nous avons trois ans devant nous pour nous adapter. Et nous avons toutes les raisons d'espérer, car nos commerces de proximité attirent chaque jour 10 millions de clients, dont 42 % ne venant pas pour le tabac. Les usages évoluent, la réglementation aussi, et nous sommes donc à un tournant dans notre métier. Nous serons toujours fiers de notre carotte rouge au-dessus de nos commerces. Mais nous devons bouger, face à la hausse du prix tabac et au marché parallèle. Dans le Grand Sud-Ouest, on estime que le marché noir représente 25 % de la consommation de tabac.»


Comment réagir face à la crise que vivent les buralistes ?

«Nous avons trop longtemps été buralo-buralistes. Nous devons nous adapter aux nouvelles attentes des consommateurs, et être encore plus contemporains. Je parle là de l'aspect de nos commerces, qui ne sont pas toujours les plus sexy de la rue marchande… Mais au-delà, nous devons mettre le consommateur au cœur de notre réflexion. Nous devons ainsi répondre à ses attentes dans le domaine du vapotage. Au début, notre réseau a eu peur de la cigarette électronique, alors que la nicotine nous en avons toujours vendu. Une nouvelle offre se profile, avec le tabac chauffé. Nous devons nous adapter à ces évolutions. Autre piste, une ouverture plus large de la néo-banque Nickel. Nous avons déjà 4 000 points agréés, et 950 000 comptes ouverts en quatre ans. On peut ouvrir chez nous un compte bancaire en seulement 5 minutes, et avoir tous les services bancaires pour quatre fois moins cher. Pas besoin de justificatifs, et vous obtenez sans problème une carte bancaire. Nous devons aussi répondre au développement du e-commerce. Vous achetez sur Internet, et nous sommes là pour que vous récupériez votre colis. Et puis il y a bien sûr le jeu, qui est le deuxième secteur économique de nos entreprises après le tabac, et suite à un accord-cadre signé avec la Française des jeux, notre rémunération va être améliorée. J'ai déjeuné récemment avec le nouveau directeur général du PMU, et nous comptons là aussi revoir notre rémunération. Globalement, nous devons penser différemment et voir au-delà du commerce du tabac. Demain, ce sera du tabac, du jeu et beaucoup de service. En 2021, le buraliste sera le drugstore des Français, une sorte de couteau suisse du commerce de proximité.»


Pourquoi rencontrer des élus locaux ?

«Les élus connaissent peu notre réseau, et nous avons des messages à leur faire passer. Notamment que nous sommes des acteurs incontournables du lien social, le relais de la puissance publique sur des territoires parfois isolés. Nous relayons des services indispensables. Nous avons ainsi plus de 7 500 commerces intégrés dans des villes de moins de 2 000 habitants. Nous sommes au cœur de la bataille du commerce de proximité. En quinze ans, nous avons perdu 6 000 entreprises. Mais nous devons nous poser les bonnes questions pour rebondir, comme l'ont fait en leur temps les pharmaciens. C'est à nous de muter, et de devenir comme eux des espaces de convivialité.»


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